Les Bêtes du sud sauvage

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Dernier grand prix du festival de Deauville, caméra d’or du festival de Cannes ou encore grand prix du jury au festival de Sundance…, Les Bêtes du sud sauvage (Beasts of the Southern Wild en V.O.) est une véritable petite pépite. Ce film d’auteur réalisé par Benh Zeitlin marque par sa force de caractère et son œil optique neuf. Avec ce premier film, le réalisateur frappe un grand coup dans la famille du film indépendant américain.

 

L’intrigue de ce long-métrage se situe dans un bayou, longue étendue d’eau douce, dans lequel Hushpuppy (Quvenzhané Wallis) vit avec son père Wink (Dwight Henry). Sous fond de problématiques sociale et écologique (le réchauffement de la planète, entraînant la montée des eaux dans le bayou), ce film traite d’une histoire simple. C’est-à-dire un père malade essayant d’élever seul sa jeune fille au milieu d’un environnement rude, semblable à un « bidonville paysan ». La fonte des glaciers polaires entraîne la montée des eaux mais également la libération des Aurochs (sorte de sangliers bovins), c’est dans ce contexte que la jeune Hushpuppy va être amenée à grandir et mûrir rapidement. La maladie de son père la poussant à partir à la recherche de sa mère.

 

Allo !?!!?

 

A mi-chemin entre le film apocalyptique et le film réaliste, Les Bêtes du sud sauvage est un hymne à la vie, une expérience sensorielle aux allures de conte moderne. C’est un film percutant qui trace une empreinte de part son propos et sa mise en scène maîtrisée. Il est à l’image de son objet, simple sans élan de condescendance ou de discours moralisateur. 

 

La réalisation est novatrice, Benh Zeitlin a une totale emprise sur son sujet qu’il dicte avec une bienveillance admirable, malgré le petit désagrément  qu’est la caméra un peu trop tremblante qui donne facilement le mal de mer, mais la poésie du film nous permet facilement d’embarquer pour ce voyage et de se laisser guider au grès des vagues. Le réalisateur, qui est aussi un des compositeurs du film, dirige cette petite œuvre de manière appropriée et sans excès de zèle. Il arrive à joindre le réalisme de la situation au fantastique de son propos.

 

Le Sanglier-Mammouth-Taureau

 

La jeune Quvenzhané Wallis est une grosse révélation, un talent à l’état pur qui sert parfaitement le film. Elle oscille entre force et fragilité avec une aisance à faire pâlir ses pairs. C’est une vraie boule de bonheur, sincère et juste qui arrive à nous faire sourire, avoir peur et même bouillir pour elle. Quvenzhane est Hushpuppy, ça ne fait aucun doute. 

 

Dans le rôle du père dur et malade, Dwight Henry s’en sort très bien. Il incarne pourtant un personnage complexe, mais il a bien saisi la force de caractère et également ce soupçon de fragilité qui fallait pour interpréter pertinemment ce rôle. Bien aidé par son alchimie avec la jeune Quvenzhané Wallis, Dwight Henry trouve ici un moyen d’exploiter son talent et de le mettre au service de ce film.

Les seconds rôles excellent par leur sincérité. Ils jouent leur personnage physiquement, en restant dans la justesse adéquate.

 

C’est qui le patron !

 

La force de ce film, Les Bêtes du sud sauvage, est de ne pas tomber dans le pathos. Le réalisateur a trouvé le ton juste pour traiter son sujet. C’est un film esthétiquement beau qui tergiverse entre le conte fantastique et le film réaliste. Une expérience physique et poétique à vivre comme si l’on faisait partie de cet univers particulier et peu évoqué des États-Unis.